Moi qui avais grandi en écoutant mon grand-père me raconter les légendes de l’hiver 1954, un hiver si épique et si glacial qu’un enfant du pays qui voulait, quelle idée, goûter aux blocs de glace qui s’étaient formés sur le pont de la Sablière s’était retrouvé avec la langue collée à la balustrade. On avait dû le délivrer en y versant de l’eau brûlante (mon grand-père était un puits d’anecdotes dont je ne parvenais jamais à savoir si elles étaient vraies ou pas). Et puis, il y a eu le mois de janvier 1986 pendant lequel une énorme tempête de neige s’est abattue sur mon petit village d’Ardèche, suivie d’une vague de froid polaire qui a paralysé toute activité pendant près de deux semaines.

Électricité coupée, enneigement jusqu’aux hanches, températures sibériennes qui piquent les doigts et brûlent les oreilles, routes impraticables, canalisations explosées, gasoil congelé dans les réservoirs, ravitaillement par hélicoptère…et, surtout, bien sûr pas d’école ! Ces journées suspendues restent de merveilleux souvenirs, du temps volé à la vie normale, pendant lesquelles tout ou presque était permis : rester au lit, aller se rouler dans la neige, discuter des heures entières avec les copains, bref, malgré l’absence de chauffage, je garde de ces moments des souvenirs magiques.

Évidemment, à l’époque je ne me demandais absolument pas qui prenait la décision de fermer ou d’ouvrir l’école ; ces choses-là me dépassaient largement. Mais voilà qu’on nous annonce pour ce weekend une véritable tempête, et que nous avons tous l’œil sur notre portable pour voir quelles sont les nouvelles et essayer de savoir si l’école sera ouverte lundi. Voici ce que je peux en dire ce vendredi soir:

  • La décision appartient au maire de NYC — en ce sens, ce sera d’ailleurs l’une de ses premières « grosses » décisions, et il est très attendu sur ce sujet. On se souvient tous de la tempête de 2024 qui n’a finalement jamais eu lieu
  • Il a précisé aujourd’hui qu’une annonce serait faite ce dimanche à midi. Nous la relaierons auprès de vous le plus rapidement possible par email.*

Enfin, le maire a été clair sur le fait qu’en cas de fermeture des écoles publiques, il s’agirait d’une journée de travail virtuelle pour les élèves. Pas de snow day traditionnel, donc, mais plutôt une alternative entre enseignement en présence et en virtuel. Alors, sur le contenu de cette journée, The École est entièrement libre de son choix et je veux être très clair là-dessus. Un “ snow day” pour moi, c’est un jour où on fait de la luge, où on se tire des boules de neige, où on fait des bonshommes ; c’est un jour dont on profite comme d’un cadeau et que l’on n’a pas le droit de passer derrière un ordinateur. Si l’école devait fermer, je vous encourage donc tous, petits et grands, à en profiter au maximum et à vous assurer que vous vous en souviendrez comme mon grand-père se rappelait l’hiver 54 et moi celui de 86.

Par ailleurs, si certaines familles ont prévu de passer le weekend hors de la ville et que les écoles sont finalement normalement ouvertes, n’allez pas, s’il vous plaît, prendre des risques inutiles sur la route pour être avec nous lundi matin. Quant à moi, je suis supposé prendre l’avion dimanche pour me rendre à Atlanta ; c’est pas gagné…

Mise à jour : le maire Mamdani a annoncé que les écoles de New York resteraient fermées le lundi 26 janvier. Il s’agit donc d’une journée neige à The École (et le vol de Jean-Yves a décollé avant l’arrivée de la tempête de neige ; il participe donc à la conférence à Atlanta pendant que le reste de la communauté de The École crée de beaux souvenirs dans la neige !).