Après le PISA et l’IA, deux sujets très généraux abordés ces deux dernières semaines, il est temps pour moi de revenir au plus près de l’actualité de The École. Cette actualité a pour beaucoup d’élèves de l’élémentaire et du collège consisté en de nombreuses évaluations en français comme en anglais. Je sais bien que ce ne sont pas toujours les meilleurs moments pour les enfants – et qu’on se le dise, pas non plus celui des enseignants (surtout ceux du STRIVE qui ont beaucoup donné de leur temps, un grand merci à eux). Heureusement mercredi les parents sont venus à la rescousse avec de la nourriture venue de 80 pays : nous nous sommes régalés.

De mon côté, j’ai assisté hier à une conférence de grande qualité sur le multilinguisme dans les écoles publiques de New York et pu entendre le travail de réflexion qui est mené autour des compétences que les enfants développent lorsqu’ils apprennent et travaillent simultanément en deux langues. Le Dr Alan Cheng, qui est en quelque sorte le proviseur des proviseurs des lycées de New York,  souhaite d’ailleurs que ces compétences soient mieux reconnues dans les dossiers scolaires qui sont transmis aux universités – selon lui, ces dossiers ne disent pas aujourd’hui complètement la vérité sur les élèves et ce qu’ils savent faire.  Il entend donc le transformer pour la ville de New York à l’horizon 2029.

Le Dr Cheng a raison : jamais des chiffres ne pourront faire justice à ce que nos élèves vivent et apprennent. Les évaluations que nous menons avec nos élèves peinent elles aussi à dire tout de nos élèves. Elles sont imparfaites par nature puisqu’elles séparent d’emblée les langues, certaines émanent du Ministère de l’Éducation nationale français et visent à tester les enfants sur les compétences qu’ils sont supposés avoir acquises l’année précédente. Les épreuves de MAP Growth reposent sur les savoirs et les compétences attendus dans les écoles américaines mais s’intéressent davantage à la progression d’une période à une autre qu’à ce que sait faire un élève à l’instant T.

Ces évaluations ne sont cependant pas inutiles loin de là. L’analyse des résultats nous fournit de précieuses indications sur le travail qui devra être mené dans les classes et les priorités qui seront les nôtres, mais peut-être moins à titre individuel que sur l’ensemble de l’école. Une compétence moins maîtrisée dans une classe trouve souvent son origine dans une manière de faire qui pourrait être améliorée en amont. C’est de cette manière que nous progressons en tant qu’établissement.

Les résultats nous permettent aussi de situer le niveau de réussite par rapport à d’autres écoles. Il est en ce sens toujours assez merveilleux de voir que nos élèves sortent de la maternelle d’abord et du primaire ensuite avec un niveau global de compétence nettement plus élevé que celui que l’on retrouve en France (pour le collège nous ne disposons pas d’outils de comparaison similaires). Côté MAP Growth, nos élèves continuent d’obtenir des scores prodigieux et placent de fait The École dans le top des toutes meilleures écoles.

Nous savons donc grâce à ces évaluations un peu fastidieuses que notre travail et celui des élèves continuent de porter leurs fruits. Cependant, nous ne sommes pas dupes: quel que soit le chiffre ou le pourcentage ou la lettre qui décrit les enfants sur les bulletins, nous savons bien qu’ils valent en réalité beaucoup, beaucoup plus.