C’est déjà la dernière lettre de l’année — allez, vous aurez peut-être droit à un petit message jeudi prochain pour vous souhaiter de bonnes vacances, mais c’est tout ! J’en profite pour remercier tous ceux et celles qui me lisent régulièrement et qui trouvent parfois le temps de me répondre, même succinctement, ou qui viennent me parler (ma grand-mère aurait dit “me toucher un mot”) lorsque je suis à la porte pour partager ce qu’un courrier ou un autre a pu évoquer chez eux. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai réalisé que mon récent courrier sur l’identité de l’école, dont je me demandais si elle n’était peut-être pas un peu trop française, a touché une corde et suscité de belles réactions dont je vais pouvoir m’inspirer.

Avec l’année qui se termine et les cérémonies de graduation auxquelles nous venons d’assister, les yeux rougis par l’émotion, il est tentant de faire le bilan de l’année. Il s’agit toutefois d’un exercice délicat en quelques lignes (j’adresse chaque été un rapport d’une vingtaine de pages a Philippe et Laurence). Je retiendrai toutefois quelques éléments marquants : l’excellence des lycées obtenus par nos élèves de 4ème ; les nombreux prix et récompenses glanés dans les concours auxquels nous participons (et que nous avons dignement fêté ce matin en assemblée) ; enfin que notre nouveau bâtiment de l’élémentaire et du collège a largement tenu ses promesses : les enfants se le sont appropriés, les collègues y ont pris leur aise et tout a plutôt très bien fonctionné. À l’évidence, et comme nous l’espérions, ce bel outil de travail donne à The École une autre dimension qui nous permet de poursuivre notre croissance malgré une conjoncture globale difficile qui voit la plupart des écoles françaises aux USA stagner ou perdre des effectifs.

Nous accueillerons en effet environ 380 élèves à la rentrée, contre 370 l’an dernier le jour de la rentrée. La croissance porte logiquement sur le collège (puisque les cohortes qui y arrivent sont toujours plus importantes) où Emily O’Hanlon aura la charge de 77 élèves (contre 69 aujourd’hui). La maternelle fait comme toujours quasiment le plein puisqu’au moment où j’écris ces lignes il nous reste 4 places — nous sommes malheureusement obligés chaque année de refuser énormément d’enfants en grande section. Enfin, il nous reste quelques places éparses sur l’élémentaire même si nous sommes pleins en CP et en CE2, deux classes pour lesquelles nous continuons par ailleurs de refuser de nombreux candidats — nous nous tenons fermement à notre limite de 20 élèves par classe. Comme chaque année, nous devrions continuer à voir arriver quelques dossiers pendant l’été tout comme il est toujours possible que l’une de nos familles nous annonce son départ soudain. Ces chiffres sont donc une estimation, mais ils donnent malgré tout une bonne idée de la tendance : celle d’une école dont le projet bilingue et l’esprit de communauté qui la caractérise continuent de séduire, le plus souvent grâce à nos familles qui n’hésitent pas à dire à leurs amis et connaissances tout le bien qu’ils en pensent. Je les en remercie vivement.

J’ai une pensée toute particulière pour la quarantaine d’enfants dont ce sera la dernière semaine à The École. C’est le cas tous les ans, mais cela ne manque jamais de m’attrister. Ils partent pour certains dans d’autres écoles de la ville mais pour la plupart leur adieu à The École est un aussi un adieu à New York. Ils iront à Seattle, à Miami, au Liban, en Espagne, au Portugal, au Canada, à Singapour ou bien sûr, pour la très grande majorité, en France. Ils resteront, ils le savent, pour toujours des élèves de The École. Je leur souhaite de bien profiter de ces derniers jours avec nous.